
Plus petit que l'éléphant de savane, doté de défenses droites et d'oreilles arrondies, l'éléphant de forêt (Loxodonta cyclotis) est une espèce distincte, classée en danger critique. Le Gabon en abrite la population la plus importante d'Afrique centrale.
Il façonne la forêt : en dispersant les graines de plus d'une centaine d'espèces d'arbres, il en conditionne le renouvellement. Le perdre ne retirerait pas un animal du paysage — cela changerait la composition même de la forêt.

Les hordes de mandrills du sud du Gabon comptent plusieurs centaines d'individus — les plus grands rassemblements de primates non humains jamais documentés. Le mâle adulte, au masque bleu et rouge, est l'un des primates les plus spectaculaires d'Afrique.
L'espèce est forestière et discrète : on l'entend avant de la voir, et son observation demande un guide qui connaît les axes de déplacement de la horde.

Le gorille de plaine de l'Ouest, le buffle de forêt — qui traverse les lagunes à la nage —, le sitatunga adapté aux marécages, le faux-gavial d'Afrique : la faune gabonaise est celle de la forêt humide, plus difficile à voir que celle des savanes d'Afrique de l'Est.
C'est précisément ce qui fait la valeur de l'observation ici : elle se mérite, elle est encadrée, et elle n'est jamais garantie.

La côte gabonaise accueille l'une des plus fortes concentrations de ponte de tortues luths au monde, de novembre à février. De juillet à septembre, les baleines à bosse remontent le long du littoral pour mettre bas.
Deux saisons opposées, deux produits distincts, un même littoral : la fenêtre d'observation détermine le voyage, et non l'inverse.